Supporting Survivors for an End to Violence Against Women / Appuyer les survivantes pour mettre fin à la violence contre les femmes

La version française suit
December 6, 2019

Today, we gather to honour women. Women who have been murdered, women who are survivors of sexual assault, women whose lives have been forever altered by violence. Today, as we remember the fourteen women murdered thirty years ago at l’Ecole Polytechnique, Montreal, on th 6th of December, 1989; as we remember the ten women murdered on PEI since 1989; as we remember the thousands of Indigenous women murdered and missing from their families across Canada, let us remember that violence against women hurts us all.

While the stories that follow are composites, they represent the true experiences of many women from across Canada and the world.

Elizabeth is the daughter of a survivor of sexual violence. Her life has been shaped by her mother’s trauma. Playdates and parties were unrealized, childish dreams. Instead, she bore witness to frequent bouts of depression and substance abuse, as her mother foundered under the weight of being violated. Now an adult, Elizabeth is working hard to overcome the effects of intergenerational trauma, so that her own daughter may have a childhood free from the anxiety that gnaws at you when you are at school and infects your dreams at night. A childhood free from worrying about where her mother is, if she is alive, and who will take care of her. Elizabeth loves her mother and knows the trauma she endures; she strives to be happy and healthy herself.

When Karishma was murdered by her ex-husband, her death left a hole in countless lives. Her parents are doing their best to care for Karishma’s children, but the family is devastated. Karishma’s eldest son is angry; he is angry at his mother for leaving him, angry for all the violence he witnessed, angry at the man who took his mother’s life. He doesn’t mean to, but sometimes he lashes out. The ripple effects of Karishma’s death are felt by her community: colleagues, pupils, and neighbours. They struggle to make sense of her death; their sense of safety undermined, they sleep less and worry more.

Rose couldn’t wait to move away from home to attend university. She was going to change the world and dreamt of becoming a doctor. Rose knew that one in five female university students is sexually assaulted, but she never thought that she would be one of them. Now Rose is struggling to rebuild her sense of self, safety, and trust in others. Her grades are slipping as she deals with PTSD; with her falling grades go her dreams for the future. Rose will continue to deal with the injustice of the assault, and she knows that there will be more women like her. Rape culture is real, it exists in the friendships in which we trust, in fraternities, on university campuses, and in communities. Rose will be forever changed, her life altered by an act of violence, while her attacker and society look away.

After I wrote these stories, I had second thoughts. I worried that the language was too direct, that some people might get upset, that others might feel uncomfortable. I realised that thirty years on, we are still fighting for change. If things are to improve, we need to feel discomfort. We need to be shaken from complacency and act. The names in the stories may not be real, but the stories are. The women in them are our friends, our family, our colleagues, our neighbours, our community. Across Canada in 2018, 148 women were murdered, many more went missing, and countless numbers experienced harassment or sexual assault. When we do not listen to the voices of women, we do a disservice to victims, survivors and ourselves.

Violence is woven into the fabric of our society; it steals lives and holds us hostage.  Violence is prevalent in the lives of children and women; it leaves them disempowered and afraid. The ripple effects of violence are insidious, felt by the individual, by communities, and by society. If we do not want to be here in thirty years’ time, giving speeches and counting victims, if we want to make lasting change, it is our duty to unite and to stand with victims of violence, supporting survivors.  Together we must “Support the person. Involve the community. Right the world.”

Debbie Langston of Blooming Point is the newly appointed Chairperson of the PEI Advisory Council on the Status of Women.

___________________

Appuyer les survivantes pour mettre fin à la violence contre les femmes

6 décembre 2019

Aujourd’hui, nous nous rassemblons pour honorer les femmes. Des femmes qui ont été assassinées, des femmes qui ont survécu à une agression sexuelle, des femmes dont la vie a été à jamais bouleversée par la violence. Aujourd’hui, en ce jour où nous commémorons le meurtre de 14 femmes il y a 30 ans à l’École polytechnique de Montréal, le 6 décembre 1989; en ce jour où nous nous souvenons des 10 femmes assassinées à l’Île-du-Prince-Édouard depuis 1989; en ce jour où nous nous souvenons des milliers de femmes autochtones assassinées ou disparues de leur famille partout au Canada, rappelons-nous que la violence contre les femmes nous fait tous souffrir.

Les récits qui suivent sont des compositions, mais ils dépeignent les véritables expériences de beaucoup de femmes au Canada et dans le monde.

Elizabeth est la fille d’une survivante de violence sexuelle. Sa vie a été grandement influencée par les traumatismes de sa mère. Pas de rendez-vous de jeux entre amis ni de fêtes d’enfants : c’était là des rêves puérils qui ne pouvaient se réaliser. Au lieu de tout ça, elle était témoin d’épisodes de dépression et d’abus de substances psychoactives, quand sa mère n’arrivait plus à gérer la souffrance d’avoir été violée. Maintenant adulte, Elizabeth travaille à surmonter les effets des traumatismes intergénérationnels pour que sa fille puisse avoir une enfance sans anxiété qui la tracasse à l’école et qui hante ses rêves la nuit; une enfance où elle n’a pas à se soucier où sa mère est, si elle est en vie ni à se demander qui prendra soin d’elle. Elizabeth aime sa mère et connaît les traumatismes qu’elle endure; elle-même cherche à être heureuse et en santé.

Lorsque Karishma a été assassinée par son ex-mari, son décès a laissé un vide dans de nombreuses vies. Ses parents font de leur mieux pour prendre soin des enfants de Karishma, mais la famille est bouleversée. Le fils aîné de Karishma vit de la colère : il est fâché que sa mère l’ait abandonné, il est fâché d’avoir été témoin d’autant de violence, il est fâché contre l’homme qui a tué sa mère. C’est involontaire, mais parfois, il est fait des crises. Les membres de la communauté (collègues, camarades de classe, voisins) subissent les répercussions du décès de Karishma. Ils ont de la difficulté à trouver un sens à sa mort; leur sentiment de sécurité est ébranlé; ils dorment moins et s’inquiètent plus.

Rose était impatiente de quitter la maison pour ses études universitaires. Elle voulait changer le monde et rêvait d’être médecin. Rose savait qu’une étudiante universitaire sur cinq subit une agression sexuelle, mais elle n’aurait jamais pensé que ça lui arriverait. Maintenant, Rose a de la difficulté à reconstruire sa vie, à rebâtir son sentiment de sécurité et à faire de nouveau confiance aux autres. Elle est aux prises avec un trouble de stress posttraumatique et ses résultats scolaires déclinent; ses mauvaises notes brisent ses rêves d’avenir. Rose continue de faire face à l’injustice de l’agression, et elle sait que d’autres femmes comme elle seront confrontées à cette situation. La culture du viol est réelle : elle est présente chez des amis en qui nous avons confiance, dans des associations étudiantes, sur les campus et dans les collectivités. La vie de Rose sera changée à jamais, sa vie sera perturbée par un acte de violence, tandis que son agresseur et la société détourneront le regard.

Après avoir composé ces histoires, je me suis remise en question. Je m’inquiétais que le vocabulaire soit trop direct, que des gens soient contrariés ou soient mal à l’aise. Je me suis rendu compte que 30 ans plus tard, nous luttons toujours pour des changements. Pour que leschoses s’améliorent, nous devons ressentir un malaise. Il nous faut sortir de la complaisance et agir. Les noms dans les récits sont fictifs, mais les histoires sont vraies. Les femmes à qui elles font référence sont nos amies, des membres de notre famille, nos collègues, nos voisines, des membres de notre communauté. Au Canada en 2018, 148 femmes ont été assassinées, beaucoup plus sont portées disparues et un nombre incalculable de femmes a subi du harcèlement ou une agression sexuelle. Lorsque nous n’écoutons pas les femmes, nous faisons du tort aux victimes, aux survivantes et à nous-mêmes.

La violence est profondément ancrée dans notre société; elle détruit des vies et nous garde emprisonnés. La violence est prévalente dans la vie des enfants et des femmes; elle les prive de leur autonomie et les effraie. Les répercussions de la violence sont insidieuses et sont ressenties par les personnes, les collectivités et la société. Si nous ne voulons plus, dans 30 ans, ressasser ces discours et dénombrer les victimes, si nous voulons que se produisent des changements durables, c’est notre devoir de nous unir, de montrer notre solidarité aux victimes de violence et de soutenir les survivantes. Ensemble, nous devons « appuyer la personne, rallier la communauté, redresser le monde ».

Debbie Langston de Blooming Point est la nouvelle présidente du Conseil consultatif sur la situation de la femme de l’Î.-P.-É.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: